Prairies humides, marais, étangs, mares ou roselières : les zones humides font partie intégrante du paysage abbevillois. Héritées d’une longue histoire entre la ville et la Somme, elles constituent aujourd’hui des espaces naturels précieux pour la biodiversité, la qualité de l’eau et l’équilibre du territoire.
À Abbeville, l’eau est partout. Visible dans les étangs de la Bouvaque, discrète dans les prairies humides de Saint-Gilles ou cachée sous certaines rues du centre-ville, elle a façonné les paysages autant que l’histoire locale. De cette relation étroite sont nées les zones humides, ces milieux naturels qui comptent parmi les plus riches et les plus utiles du territoire. Ces zones sont des espaces où l’eau est présente de façon permanente ou temporaire. Cette particularité favorise le développement d’une végétation spécifique et offre des conditions idéales à de nombreuses espèces animales. Dans la vallée de la Somme, ces milieux se sont développés naturellement au fil du temps, voire même créés par la main de l’Homme pour certaines zones (étangs de pêche, tourbières, bassins de la sucrerie), dessinant un paysage caractéristique qui accompagne encore aujourd’hui le quotidien des habitants.
Le parc de la Bouvaque en constitue l’exemple le plus emblématique. Avec ses étangs, ses mares, ses roselières et ses célèbres sources bleues, il illustre toute la diversité de ces espaces. Mais les zones humides sont également présentes dans les prairies de Saint-Gilles, le bocage de Rouvroy ou encore autour des anciens bassins de la sucrerie. Ensemble, elles forment un vaste réseau naturel au cœur de la ville.
Des refuges pour la biodiversité
Cette présence de l’eau attire une faune et une flore particulièrement riches. Certaines espèces emblématiques du territoire, comme la Gorgebleue à miroir, le Martin-pêcheur d’Europe ou encore le Triton alpestre, trouvent dans ces milieux les conditions nécessaires à leur développement. Les plantes ne sont pas en reste. Les vallées humides accueillent notamment la Fritillaire pintade, reconnaissable à ses fleurs pourpres en damier, devenue au fil du temps l’un des symboles naturels de la vallée de la Somme.
Cette biodiversité exceptionnelle explique en partie l’attention portée à ces espaces. Mais leur intérêt va bien au-delà de la seule protection des espèces.
Des alliées discrètes du quotidien
Sans que l’on s’en aperçoive toujours, les zones humides rendent de nombreux services aux habitants. Lors des épisodes pluvieux, elles stockent naturellement une partie de l’eau et contribuent à limiter les risques d’inondation. En période plus sèche, elles participent au maintien des réserves en eau et soutiennent le fonctionnement des milieux naturels. Leur végétation agit également comme un filtre naturel capable de retenir certains polluants. Ces espaces jouent enfin un rôle dans le stockage du carbone et participent à l’adaptation du territoire face aux effets du changement climatique.
Longtemps considérées comme de simples terrains humides, ces zones apparaissent aujourd’hui comme de véritables infrastructures naturelles. Une reconnaissance qui s’est concrétisée en 2025 avec l’obtention par Abbeville du label international « Ville des Zones Humides Accréditée », décerné dans le cadre de la Convention de Ramsar. Une distinction qui souligne l’importance de ces milieux dans l’identité et l’avenir du territoire.

Abbeville et ses zones humides
- 50 hectares
La superficie du parc de la Bouvaque, l’un des principaux espaces naturels humides de la ville. - 180 hectares
La superficie du secteur de Saint-Gilles, composé en grande partie de prairies humides. - 13 000 hectares et 106 communes
L’étendue du site Ramsar « Marais et tourbières des vallées de la Somme et de l’Avre ». - 3 %
Les cours et plans d’eau qui recouvrent le territoire d’Abbeville - 2025
Année d’obtention par Abbeville du label « Ville Ramsar ».
Qu’est-ce que le label Ramsar ?
Le nom Ramsar provient d’une ville d’Iran où a été signée, en 1971, la Convention relative aux zones humides d’importance internationale. Ce traité, ratifié aujourd’hui par plus de 170 pays, vise à préserver les milieux humides reconnus pour leur richesse écologique et leur rôle dans la gestion de l’eau.
Dans la Somme, la Baie de Somme ainsi que les marais et tourbières des vallées de la Somme et de l’Avre bénéficient de cette reconnaissance internationale. Depuis 2018, la Convention de Ramsar attribue également une accréditation aux villes particulièrement engagées dans la préservation et la valorisation de leurs zones humides.
En 2025, la Ville a obtenu cette distinction. Elle récompense les actions menées en faveur de la biodiversité, de la gestion de l’eau, de la sensibilisation du public et de la préservation des milieux naturels.

