Face au chantier de restauration du beffroi, un nouvel espace d’expression vient de prendre place dans l’espace public. Installé ce mardi 18 août, le premier mur éphémère d’expression des femmes entend donner de la visibilité à leurs paroles, à leurs vécus et à leur combat pour l’égalité.
Mardi, matin, 8 h 30, des bâches blanches sont accrochées devant le chantier de restauration du beffroi. Non pas pour masquer les travaux qui se déroulent juste derrière, mais pour faire apparaître ce qui reste encore trop souvent invisible : la parole des femmes dans l’espace public.
Autour du maire Angelo Tonolli étaient réunies Isabelle Arcival, première adjointe en charge de la culture, de la vie associative et de la jeunesse, Elisabeth Sacquépée, 7e adjointe en charge de la citoyenneté, de la démocratie locale et du devoir de mémoire, et Dominique Humbert, conseillère municipale déléguée à l’égalité entre les femmes et les hommes. Plusieurs associations locales avaient également répondu présentes, parmi lesquelles la Maison pour Tous, Prélude, Les Homogènes ou encore les Twirling Girls.
Le principe de ce mur éphémère est simple : offrir un espace où les femmes, les militantes, les associations et toutes celles et ceux qui souhaitent s’exprimer puissent laisser un témoignage, une pensée, un message ou une revendication. Une manière de mettre des mots sur les violences ordinaires, les discriminations et les situations vécues au quotidien, mais aussi de faire entendre une aspiration commune à davantage d’égalité.
« Et si on éduquait nos fils ? »
Sur les premières bâches, les messages donnent déjà le ton. « Et si on éduquait nos fils ? », « Gardez espoir », « Vouloir être un homme ? Je suis mieux que ça » ou encore « La colère ne sert à rien, elle vous empêche d’avancer » : les mots se répondent, parfois comme des slogans, parfois comme des fragments de vie ou de réflexion. Le maire Angelo Tonolli et Isabelle Arcival ont eux aussi tenu à inscrire un message sur ce premier mur, participant directement à cette démarche collective.
À Abbeville, les chiffres racontent aussi une forme d’effacement. Seuls 2 % des noms de rues portent aujourd’hui le nom d’une femme. Dans une ville où l’espace public raconte aussi l’histoire collective, la municipalité entend donc progressivement redonner davantage de place aux femmes.
Le mur éphémère constitue une première étape, volontairement visible et accessible. Installé jusqu’au 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, il pourra évoluer au fil des contributions et devenir le support d’une parole collective. Dans les prochains mois, la démarche franchira une nouvelle étape avec l’installation d’un mur pérenne dans un autre lieu de la ville. Un espace appelé à rester, cette fois, pour que les voix qui s’expriment aujourd’hui ne disparaissent pas.








