Le 28 septembre dernier, 23 professionnels de l’hôtellerie et de la restauration ont participé à Garopole à un atelier consacré à l’attractivité d’Abbeville. Élus, services et acteurs économiques ont travaillé ensemble sur des pistes concrètes pour mieux accueillir les visiteurs et faire davantage bénéficier l’économie locale de la fréquentation touristique.
Les touristes sont déjà là. Ils dorment à Abbeville, visitent ses monuments, se promènent à la Bouvaque ou découvrent la Baie de Somme. La question est désormais de savoir comment leur donner davantage envie de pousser la porte du centre-ville, d’y rester plus longtemps et d’y consommer.

C’est autour de cette question que la Ville d’Abbeville et la CABS ont réuni, lundi 28 septembre à Garopole, 23 professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. La rencontre s’est tenue en présence d’Angelo Tonolli, maire d’Abbeville et président de la CABS, de Laurent Ghys, conseiller municipal délégué à la promotion du territoire et aux commerces de proximité et vice-président de la CABS chargé du développement économique et de l’enseignement supérieur, ainsi que de plusieurs élus et chefs de service.
Les visiteurs sont déjà au rendez-vous
Avant de réfléchir aux actions à mener, les participants sont partis d’un constat : Abbeville est déjà une ville touristique. Plusieurs preuves sont venues étayer cela. D’après les chiffres fournis par l’Office de tourisme de la Baie de Somme, le territoire Abbeville-Vauchelles a enregistré près de 94 000 nuitées en 2025, dont 59 000 nuitées hôtelières. Abbeville compte 171 chambres d’hôtel, dont 80 % classées trois ou quatre étoiles. À la Bouvaque, 46 050 passages ont été comptabilisés entre avril et août 2026, dont plus de 10 700 passages cyclistes. Et le principal potentiel se trouve à quelques kilomètres : la Baie de Somme représente 7,3 millions de nuitées touristiques et 410 millions d’euros de retombées économiques globales. Sur les seuls mois de juillet et août 2026, la destination a enregistré 2,53 millions de nuitées et 2,69 millions d’excursions.

L’enjeu n’est donc pas de créer une fréquentation touristique, mais de mieux la capter. Un visiteur venu à Saint-Vulfran doit pouvoir avoir envie de poursuivre sa découverte, de déjeuner ou de prendre un café. Un touriste hébergé à Abbeville ou dans ses alentours doit facilement trouver des idées de sorties et de restaurants. Un cycliste arrivant au parc de la Bouvaque doit pouvoir rejoindre le centre-ville. Autrement dit, il s’agit de construire progressivement une véritable chaîne d’accueil.
Cinq ateliers, des propositions concrètes
Pour passer du constat aux pistes d’action, les participants ont travaillé autour de cinq thèmes : les mobilités, la qualité des espaces publics, les ouvertures estivales, la construction d’une « ville festive » et la promotion collective de la destination Abbeville. Les échanges sur les mobilités ont notamment fait émerger des propositions concernant le stationnement autour de la place des Jacobins, la gestion des livraisons chaussée du Bois et rue Saint-Vulfran, la création de zones de stationnement de vélos ou l’allongement du temps de stationnement en zone bleue. Une réflexion sur le plan de circulation de l’hypercentre, avec une attention particulière au secteur de la gare, a également été proposée.

La qualité des espaces publics a constitué un autre axe fort : propreté de l’hypercentre, éclairage, espaces verts, façades et vitrines, mais aussi accessibilité des trottoirs et développement des cheminements cyclables et piétons. Autre sujet très concret : l’ouverture des bars et restaurants pendant la période estivale. Parmi les pistes évoquées figurent une meilleure signalétique aux entrées de ville, des outils pour identifier les établissements ouverts, un accompagnement des professionnels sur la valorisation numérique et l’accueil des visiteurs étrangers, ou encore une carte interactive de l’offre disponible. Enfin, les participants ont réfléchi à la manière de rendre Abbeville plus vivante et plus visible. Sonorisation de certains espaces, animations et afterworks, festival annuel en plein air, outil « Abbeville Events », amélioration de la signalétique patrimoniale, audioguides ou encore création d’un club des restaurateurs font partie des propositions avancées.
Une attractivité qui se construit à plusieurs
Ces propositions constituent une matière de travail pour la suite de la démarche. Elles montrent surtout que l’attractivité ne peut pas reposer sur la seule action de la collectivité. La Ville et la Communauté d’agglomération de la Baie de Somme peuvent agir de concert sur les espaces publics, les mobilités, la signalétique, l’information et l’animation du territoire. Les professionnels ont également leur rôle à jouer : qualité de l’accueil, horaires et jours d’ouverture, visibilité de leur offre, accueil des cyclistes, valorisation des produits locaux ou encore coopération entre établissements.
L’objectif est aussi de mieux jouer la complémentarité avec la Baie de Somme. Abbeville n’a pas à concurrencer la destination : elle peut en être l’une des portes d’entrée et proposer aux visiteurs une expérience complémentaire, autour de son patrimoine, de sa culture, de sa nature, de ses commerces, de ses restaurants et de ses événements. Faire venir davantage de visiteurs, leur donner envie de rester plus longtemps et faire en sorte que cette fréquentation profite davantage à l’économie locale : le chantier est désormais ouvert. Et il se construira avec tous ceux qui font vivre Abbeville.

