Lors d’une conférence de presse organisée le 21 septembre, la Ville a acté la fin du projet initial de transformation du musée Boucher de Perthes-Manessier, et affiché sa volonté de porter un projet moins coûteux, au cœur d’une ambition urbaine. L’occasion aussi de faire le point sur les opérations engagées autour du site, entre restauration du Beffroi et découvertes archéologiques.
Le 21 septembre dernier, la Ville a officiellement tourné la page du projet de musée dans sa configuration initiale. Mais sur le terrain, plusieurs opérations engagées ces dernières années ont déjà produit des résultats bien concrets et ces derniers seront intégrés dans le futur projet muséal porté par la municipalité. L’objectif étant de se baser sur le patrimoine existant et de valoriser les travaux en phase d’être achevés.
Tout commence par le monument qui domine le site. Le Beffroi, élément emblématique, fait l’objet d’une importante restauration débutée en mars dernier qui s’achèvera le 20 octobre prochain. Maçonneries, cadran solaire, girouette et toiture ont été traités pour préserver durablement cet édifice inscrit au titre des Monuments historiques et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Des siècles d’histoire sous nos pieds
Mais le chantier a également permis de regarder sous la surface. Les fouilles archéologiques préventives ont révélé les traces d’un quartier qui avait disparu sous les transformations successives de la ville. Les archéologues ont notamment identifié 29 anciennes habitations, installées entre le XIIIe et le XVIe siècle. Certaines constructions se distinguent par leurs grandes cheminées, tandis que des vestiges d’une ancienne voie témoignent de l’organisation des circulations dans le quartier.
Plusieurs installations artisanales ont également été retrouvées, dont trois fours associés au travail du bronze, qui servaient apparemment à la fabrication d’objets d’outillage et de bijoux. Leur étude permettra de mieux comprendre les activités pratiquées sur place et la manière dont elles cohabitaient avec les espaces d’habitation. À plusieurs mètres sous terre, les fouilles ont par ailleurs fait apparaître les traces d’une ancienne rivière datant du XIIIe siècle qui avait été asséchée, au pied du Beffroi.
Ces découvertes ne s’arrêtent pas avec la fin des fouilles de terrain prévue pour le début d’année 2027. Les objets et les données recueillis vont désormais être étudiés pendant environ deux ans. Ce travail permettra de préciser l’organisation du quartier, les activités de ses habitants et son évolution au fil des siècles. À travers ces opérations, le projet du musée aura ainsi déjà permis de faire émerger une part méconnue de l’histoire de la ville. Restaurer un monument, fouiller le sous-sol, documenter les vestiges : autant d’étapes qui constituent désormais une nouvelle connaissance du site et de son passé.





