Depuis le 1er octobre, Bénédicte Conseil est la Directrice Générale des Services mutualisée de la Ville d’Abbeville et de la CABS. Son rôle : faire le lien entre les élus et les équipes, accompagner les agents et donner un cap commun à l’action publique. Elle revient sur son parcours, sa vision du management et les enjeux de cette nouvelle organisation.
Votre fonction de DGS reste assez méconnue du grand public. Comment expliqueriez-vous simplement votre rôle à un habitant ?
Je dirais que la Directrice Générale des Services est en quelque sorte le trait d’union entre le projet porté par les élus et sa mise en œuvre concrète par l’administration. Les élus fixent une feuille de route politique, en fonction des engagements qu’ils ont pris devant les habitants. Mon rôle est ensuite de faire en sorte que l’ensemble des services puisse traduire cette feuille de route en actions, en projets et en services publics concrets.
Cela signifie organiser, coordonner, arbitrer, accompagner les équipes et veiller à ce que l’administration fonctionne de la manière la plus efficace possible.
Mais derrière les organigrammes et les procédures, il y a surtout des femmes et des hommes. Aujourd’hui, avec la Ville, le CCAS et l’Agglomération, ce sont près de 1 100 agents qui œuvrent chaque jour au service des habitants. Mon rôle, c’est aussi de leur donner du sens, un cadre clair et les moyens de travailler ensemble dans de bonnes conditions.
Vous placez beaucoup l’humain au cœur de votre manière de travailler. Qu’est-ce qui vous paraît essentiel pour faire travailler efficacement les équipes ensemble ?
Pour moi, on ne peut pas demander aux équipes de travailler ensemble si elles ne comprennent pas où on veut aller et pourquoi. Les mots qui définissent le mieux ma manière de travailler sont l’écoute, la communication, la proximité et la transparence. J’ai besoin d’aller sur le terrain, de rencontrer les agents, de comprendre leurs métiers, leurs contraintes et leurs idées. Je crois aussi beaucoup à la confiance. Les agents connaissent leur métier, ils ont une expertise et une expérience qu’il faut savoir écouter et valoriser.
Dans la période de transformation que nous engageons avec la mutualisation, c’est encore plus important. Nous allons avancer étape par étape, avec les agents et avec les représentants du personnel. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle tout fait, mais de construire une organisation qui s’appuie sur ce qui fonctionne déjà et sur les compétences existantes. J’ai une conviction qui résume assez bien ma façon de voir les choses : les territoires progressent lorsque la vision politique, la qualité du management et l’engagement des agents avancent ensemble.
Votre parcours vous a menée de la communication à la jeunesse et l’éducation, puis à la direction générale. Qu’est-ce que ces expériences vous ont apporté dans votre façon de diriger aujourd’hui ?
Elles m’ont surtout appris à regarder l’action publique sous plusieurs angles. La communication m’a appris quelque chose qui reste essentiel dans ma façon de travailler aujourd’hui : on ne peut pas embarquer les gens si l’on n’explique pas ce que l’on fait, pourquoi on le fait et où l’on veut aller. La jeunesse et l’éducation m’ont beaucoup appris sur les réalités humaines et sociales d’un territoire. Dans ces domaines, on travaille forcément en transversalité, avec les familles, les associations, les établissements scolaires, les collectivités et de nombreux partenaires. Cela apprend à écouter, à fédérer et à construire des réponses collectives. La direction générale m’a ensuite permis de mettre toutes ces expériences au service d’une vision plus globale de la collectivité.
Finalement, même si mes fonctions ont évolué, le fil conducteur est resté le même : mettre en mouvement des femmes et des hommes autour d’un projet commun et faire en sorte que l’action publique réponde concrètement aux besoins des habitants.
Depuis le 1er octobre, vous êtes DGS mutualisée de la Ville d’Abbeville et de la CABS. Qu’est-ce que cette nouvelle organisation peut concrètement apporter aux deux collectivités et à leurs habitants ?
La Ville d’Abbeville et la Communauté d’agglomération interviennent déjà quotidiennement sur un même territoire et pour les mêmes habitants. Il est donc logique de chercher à mieux articuler nos façons de travailler. La mutualisation ne doit pas être regardée uniquement comme une évolution administrative. Elle doit surtout être une opportunité d’additionner nos compétences, de partager davantage nos expertises et de fluidifier nos organisations. L’objectif est très concret : éviter les doublons lorsqu’ils existent, mieux coordonner les projets, faciliter le travail entre les services et gagner en efficacité.
Mais cette démarche doit se construire avec méthode. C’est tout le sens de l’audit organisationnel que nous engageons : d’abord comprendre précisément comment chacun travaille, identifier ce qui fonctionne bien, repérer les complémentarités possibles et seulement ensuite faire évoluer les organisations lorsque cela est pertinent. Pour les habitants, l’objectif final est simple : un service public plus lisible, plus réactif et toujours plus efficace, tout en conservant la proximité à laquelle ils sont attachés.
Quels sont, selon vous, les principaux défis que la Ville d’Abbeville et la CABS devront relever dans les prochaines années, et quelle place la direction générale peut-elle prendre pour les accompagner ?
Les défis sont nombreux parce que les collectivités évoluent aujourd’hui dans un environnement de plus en plus complexe. Il faut continuer à améliorer la qualité du service rendu alors que les ressources financières sont contraintes. Il faut répondre aux enjeux de transition écologique, accompagner le développement économique et l’attractivité du territoire, agir sur la qualité de vie, les mobilités, l’habitat, les solidarités ou encore l’accès aux services publics. Il faut également continuer à moderniser nos organisations sans perdre ce qui fait la force du service public local : la proximité humaine
